Immeubles à construire, propriétaires à abattre !

C’est la mobilisation générale en cette rentrée. Mobilisation en faveur du logement. Le nouveau gouvernement semble en faire une priorité nationale avec un projet de loi qui prévoit notamment la mise à disposition gratuite des terrains de l’Etat au profit du logement social.

Pas moins de 2 000 hectares recensés pour construire 110 000 logements chaque année. In fine, le gouvernement veut porter à 500 000 le rythme de construction annuel de logements afin de combler un déficit chronique que l’on chiffre autour d’un million.

Cette cause nationale fait presque consensus. Si personne, dans la société civile comme politique, ne la conteste, tout le monde diverge sur les solutions à mettre en œuvre.

Au point même que le logement renvoie les dogmes de chacun dos à dos. La droite a longtemps cru que le marché sous l’impulsion des acteurs privés pouvait largement contribuer à résoudre la crise du logement. La France de propriétaires voulue par Nicolas SARKOZY a malheureusement été altérée par une crise économique qu’aucun des plus grands experts n’a su anticiper.
Le dispositif Scellier d’incitation fiscale pour les investisseurs privés a davantage été élaboré dans une optique de sauvetage des promoteurs, du bâtiment et donc de l’emploi. La gauche, quant à elle, s’accroche au sacro-saint logement social, au point d’en faire l’alpha et l’oméga de sa politique de logement.

En d’autres termes, le logement est public ou il n’est rien.
Aucun rôle social n’est reconnu aux petits investisseurs, logés dans la même catégorie de spéculateurs que le dernier fonds crée par Goldman Sachs et JP Morgan.

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Problème : derrière cette posture, il faut pouvoir mettre des moyens financiers que l’Etat n’a plus.

On en revient donc au système D pour résoudre cette crise persistante. Il faut surtout accepter de s’en remettre aux bonnes volontés de chacun.
Tel maire qui encourage la construction de nouveaux logements sur son territoire.

Tel banquier qui fait confiance à ses clients pour les accompagner dans leur première accession à la propriété.

Tel artisan rénovateur-promoteur qui participe à l’accroissement de l’offre et crée plus de valeur ajoutée que de spéculation (à ne pas confondre avec la vente par appartements des institutionnels ou des fonds de pension).
Tel particulier qui veut investir dans l’immobilier acceptant ainsi d’être mis au banc de la société car par les temps qui courent, il est plus honorable d’acheter des œuvres d’art et des placements financiers sécurisés plus liquides et plus éphémères, que de transmettre un toit à ses enfants.

Tous les propriétaires immobiliers ne sont pas des marchands de sommeil.
Une chose est sûre, on ne résoudra pas le déficit de construction de logements par la seule subvention publique.

C’est certainement un nouveau partenariat à inventer sous peine d’échouer à nouveau.

Et si c’était ça le changement ?

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