Quand la flamme de la finance met le feu à l’immobilier

Des pyromanes. Chacun, à sa manière, a mis le feu au marché immobilier, financier et peut-être bientôt, économique. Les uns, aux Etats-Unis, ont tout simplement escroqué toute une frange de la population, leur faisant croire qu’ils pouvaient devenir propriétaire de leur résidence principale par le simple jeu de l’augmentation des prix. Des courtiers, sans foi ni âmes, ont ainsi entraîné de grands établissements sans une crise financière sans précédent : les « subprimes ». La crise a pris une telle ampleur que le G7 – sommet des 7 grandes puissances économiques mondiales – a sommé les banques de faire l’addition de leurs pertes… afin de trouver les remèdes. De l’autre côté des Pyrénées, dans un climat de far West, ce sont quelques aventuriers qui risquent de faire exploser un marché à force de couler du béton. L’Espagne se réveille avec une gueule de bois qui ressemble un peu à celle qu’a connue la France au début des années 90. Comble du cynisme, les principaux instigateurs de cette crise ont protégé leurs arrières, investissant massivement leurs revenus à l’étranger. Et très hypocritement, la France leur a ouvert les bras, vendant massivement leur immobilier à ces pseudo-professionnels qui n’ont pas hésité à faire gonfler les prix profitant d’une convention fiscale inique qui les exonère d’impôt des deux côtés de la frontière.

Un mot commun résume ces deux attitudes : la spéculation. Spéculation immobilière chez les espagnols qui ont déroulé un scénario de surenchère sur les prix au point de désolvabiliser leur clientèle. La correction sera sévère… salutaire. Spéculation financière chez les américains qui ont démarché des familles à la limite de la solvabilité pour vendre davantage de crédits, sans les por¬ter dans leurs bilans à la faveur de la titrisation. On en voit les conséquences. Toutes les grandes banques mondiales sont impactées à cause de l’immoralité de quelques flibustiers. Les dommages collatéraux sont encore plus dramatiques que l’on osait le croire. En particulier pour les professionnels immobiliers. Les vrais. D’abord, la presse a fait l’amalgame entre tout ce qui a trait à l’immobilier. La situation du marché à Miami ou Marbella se saurait être la même qu’à Paris ou Marseille. Si les prix des logements ont fortement progressé en France, les condi¬tions de crédits se sont particulièrement assouplies, préservant, en partie, la solvabilité des ménages. On peut s’attendre à un ralentissement de la hausse, voire même un tassement des valeurs. On ne peut envisager une chute. Plus grave, la crise financière qui souffle sur la planète a instauré un climat de défiance entre les établissements financiers… qui se traduit par un res¬serrement des conditions de crédits auprès des professionnels comme des particuliers. La situation est schizophrénique. Alors même que les besoins en logement sont plus que jamais d’actualité, les opérateurs ne peuvent plus travailler, faute de la confiance nécessaires de tous les acteurs de la chaîne du logement. La faute à quelques escogriffes qui ont cherché à augmenter leur fortune à vil prix.

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Christian Mahout

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