Un propriétaire qui loue doit pouvoir conserver un revenu une fois les charges, les travaux et les impôts payés. Cette évidence semble malheureusement lunaire pour le plus grand nombre mais devrait être au cœur du débat sur le logement en 2027.
Le propriétaire immobilier ne fait pas pleurer dans les chaumières même si la protection excessive du locataire et la fiscalité s’apparentent plus à une réquisition qu’au respect du droit constitutionnel à la propriété.
Pendant des années, on a présenté le propriétaire comme un rentier qui pouvait toujours payer davantage. Les impôts se sont accumulés, les contraintes aussi. Certains vendent, d’autres renoncent à investir. Et l’on s’étonne ensuite de manquer de logements à louer !
Certains locataires sous-louent leur appartement sur des plateformes comme Airbnb pendant leurs vacances ou leurs déplacements, sans l’autorisation du propriétaire. Ils tirent ainsi profit d’un bien qui ne leur appartient pas, en violation de leur bail. Ces pratiques sont inacceptables.
Après quarante ans de pratique immobilière, je suis convaincu que la relance passera d’abord par l’ancien. Les logements existent ; leur remise sur le marché peut être rapide. Faciliter les transactions permettra aussi de soutenir, dans un second temps, la promotion immobilière, dont les programmes demandent des années entre leur conception et la remise des clés. Les mesures à prendre sont connues : alléger la fiscalité des revenus fonciers, ouvrir l’amortissement aux logements anciens, mieux prendre en compte les dépenses de rénovation. Le poids de l’IFI sur les biens loués durablement doit également être revu.
Quant au logement social, il ne devrait pas être considéré comme un avantage acquis à vie. Il doit être un coup de pouce dans une période difficile de la vie, avec un accompagnement vers le parc privé ou l’accession à la propriété lorsque les ressources du ménage le permettent. Les logements ainsi libérés pourraient bénéficier à ceux qui attendent. Cette progression doit aussi encourager l’effort : certains d’entre nous n’ont pas oublié ce que signifiait « travailler plus pour gagner plus ».
Je défends aussi une transmission plus précoce du patrimoine. C’est à 30 ou 40 ans que les enfants ont besoin d’un apport pour se loger, investir ou entreprendre. Relevons les abattements pour permettre aux parents de leur transmettre, sans droits de donation, un bien d’une valeur correspondant à celle d’un logement dans une grande métropole française. Faire circuler ce capital plus tôt soutiendrait l’économie et les projets des jeunes générations, sans attendre un héritage à l’approche de la retraite.
Pour que les Français trouvent un logement à louer, il faut que les propriétaires aient encore envie d’en proposer.
Pour retrouver l’harmonie « du vivre ensemble », rétablissons l’équilibre du couple propriétaire / locataire.
Christian Mahout
L’essence même de la famille : le logement ! 1 sujet pour les Présidentielles 2027
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