Taux d’usure : la prochaine crise du crédit immobilier s’annonce


En 2023, la remontée brutale des taux d’emprunt avait conduit le gouvernement à mensualiser le taux d’usure — plafond légal au-delà duquel les banques ne peuvent pas prêter — pour éviter l’asphyxie du marché. Trois ans plus tard, le scénario se reproduit.

Depuis le début de 2026, les taux de crédit immobilier repartent à la hausse, alimentés par les tensions géopolitiques qui font pression sur les taux longs. L’écart entre le taux d’usure (5,19 % pour les crédits de 20 ans et plus) et le taux moyen pratiqué (3,22 % selon la Banque de France) semble confortable. Mais ce dernier ne tient pas compte de l’assurance emprunteur, qui peut représenter 1 % du capital emprunté pour les plus de 50 ans, ni des frais annexes. Selon le réseau Cafpi, cet effet ciseau pourrait bloquer jusqu’à 20 % des dossiers d’ici mai-juin.

Les courtiers réclament à nouveau la mensualisation du taux d’usure, et la Fédération bancaire française n’y est pas opposée. Mais pour Ludovic Huzieux, cofondateur d’Artémis courtage, la mensualisation n’est qu’un « pansement » : c’est la définition légale du taux d’usure elle-même qui devrait être reformatée.

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